Pluie battante

Bon, j’arrive un peu après la guerre, mais j’ai enfin commencé (… et fini) Heavy Rain hier.
Heavy Rain, la dernière trouvaille de Quantic Dream, déjà développeurs de Fahrenheit en 2005 (et Nomad Soul en 99, mais je n’y ai pas joué), qui était déjà un jeu très complet puisque c’est à vous de tout faire et surtout de ne rien oublier. Vous tuez quelqu’un? Alors vous avez plutôt intérêt à nettoyer très vite avant l’arrivée de la police. Et le plus drôle, c’est que vous incarnez à la fois le tueur Et la police. Bon, mais dans Fahrenheit, si on oublie de nettoyer une petite trace de sang, on se fait arrêter et on est bon pour recommencer la scène (ce qui est très fun, hein).

Dans Heavy Rain, le principe reste le même, mais les répercussions sont autres. Là encore, vous incarnez plusieurs personnages au cœur d’une même histoire: dans une ville des Etats-Unis, un tueur en série kidnappe et noie des petits garçons pendant les jours de pluie. Pour mener l’enquête, vous oscillez entre Ethan (le personnage principal, père de la dernière victime), Madison, Norman et Scott, qui sont respectivement journaliste, profiler et détective privé. Encore une fois, votre personnage est libre: à vous de décider s’il ouvre le frigo, boit une bière ou du jus d’orange, cuisine une pizza ou des pâtes. Ou si vous préférez, c’est à vous de choisir si vous épargnez la vie d’un dealer et accessoirement père de deux petites filles ou si vous lui tirez une balle en pleine tête pour retrouver la trace de votre fils. Les choix laissés au joueur, du plus anecdotique au plus cornélien, influent tous sur le déroulement du jeu. Et c’est là que les choses se corsent: bien sûr, Heavy Rain est un jeu assez court (6-7h) mais chaque choix entraine une conséquence, toujours différente. Vous pouvez ainsi modeler les relations humaines, voir même causer la mort d’un des personnages principaux si vous n’arrivez pas à “composer” les actions (qui, tout comme dans Fahrenheit, se font avec des suites de touches) et pourtant, toutes les possibilités sont prévues et le jeu continuera, avec pas moins de 18 fins alternatives. Et croyez-moi, 7h à se demander si tel choix est “le bon” et quelles en seront les conséquences, c’est plutôt fatigant, d’autant que les thèmes visités tout au long de l’intrigue ne sont pas des plus reposants: amour, mort, culpabilité, rédemption, trahison, dilemmes moraux et responsabilité… J’ai joué à pas mal de jeux mais aucun ne m’avait renvoyé une image si humaine et si émotive. Bon enfin bien sûr, je ne cherche pas du réalisme et encore moins de l’émotion en jouant à Dead Space ou Resident Evil, mais Heavy Rain se détache et va au-delà du simple jeu vidéo, offrant une vraie expérience au joueur. Évidemment, ça reste du domaine du virtuel (ça ne me pose pas de problème de traverser un champs électrique dans un jeu, mais dans la réalité je doute que je m’amuserais à le faire) mais je dois dire que la gravité de nos actions et leur impact psychologique est assez bien rendu. “Faites des choix, assumez les conséquences”, ils ne pouvaient pas choisir meilleure accroche.

Bon, et sinon, vu qu’on parle de choix déterminants et tout ça, je vous laisse sur ces bonnes paroles: « En tant qu’artiste je suis scandaleuse mais en tant que personne j’ai une morale inébranlable. » (Lady Gaga)

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