In cold blood

Pour accompagner nos tagliatellépinaricotta d’hier soir, rien de tel qu’un film drôle et relax tel que Truman Capote. (ou pas - mais c’était bien quand même. Et puis c’était ça ou Shortbus…)
Je crois que je dois être la seule sur la surface de la planète à voir Capote après Infamous. Puisque les deux films traitent exactement de la même période de la vie de Truman Capote et que le premier a été adulé par toutes les critiques, Infamous (ou “Scandaleusement célèbre”, en France) est resté en retrait, n’a pas été l’objet d’une forte médiatisation et n’est resté que très peu de temps à l’affiche.
Ayant adoré Infamous donc, je me devais de voir un jour Capote.
Ce qui en ressort, c’est un (presque) même traitement de l’histoire. Je crois que si on regarde les deux films en même temps, les scènes “essentielles” arrivent plus ou moins à la même minute. Donc pour moi pas de surprise avec Capote, et peut-être un peu d’ennui si je n’étais pas sensibles aux belles images et aux compositions très fines de Bennett Miller*.
Bref, c’est dans l’image que nous renvoient les réalisateurs de Truman Capote que les deux films divergent.
Miller nous montre un homme mondain, amusant mais vite fascinant, qui se sert des deux condamnés à mort pour arriver à ses fins : écrire Le livre de sa vie. Certes, on voit que Capote se lie d’amitié avec Perry Smith, et peut-être même un peu d’amour, mais ça ne va pas vraiment plus loin.
Douglas McGrath - Infamous, suivez un peu - et son Truman incarné par Toby Jones est plus ressenti comme une sorte de petit troll parachuté dans le monde des Grands, qui bien qu’il amuse la galerie a une souffrance terrible qu’il garde pour lui et qui pourrait ainsi expliquer la fascination qu’il a pour les tueurs, eux aussi certainement victimes, quelque part. Et là ou McGrath surpasse Miller, c’est dans la relation “amoureuse” Capote-Smith, beaucoup plus implicite et tendue. (Oui, moi j’aime les tensions sexuelles et les non-dits entre deux personnages, c’est tellement plus riche)
Quant à l’interprétation, certes géniale de P.S Hoffman, je reste sur ma position que celle de Toby Jones est tout autant savoureuse, voir même plus. (mais pour l’affirmer, il faudrait revoir Infamous…)
Deux très bons films en résumé, ce serait dommage de (se borner à) n’en voir qu’un…
…Bien, sur ce, je retourne jouer à Super Mario World.
(*) Je ne me rappelle pas de la photo d’Infamous, donc je ne fais pas de comparaison.


