Drag me to hell
(Leblogducine étant actuellement en pleine mutation, je vous offre une petite critique ici)
“Jusqu’en enfer”, ou le titre tout pourri (merci encore une fois aux traducteurs) d’un film qui relève du génie de Sam Raimi.
Sam Raimi, pour les plus jeunes ou les plus ermites d’entre vous, n’est autre que le réalisateur cultissime de la saga tout aussi incontournable qu’est Evil Dead (et aussi de Spiderman, mais enfin, bon…) et il revient, cette année, à ses amours de toujours: l’horreur. Mais pas n’importe laquelle: l’horreur teintée d’humour.
Le film commence de façon plutôt conventionnelle: une banale et toute gentille employée de banque refuse un prêt à une vieille femme, laquelle lui jete une malédiction. C’est en rejoignant sa voiture qu’on comprend petit à petit ce qui est en train de se passer. Alors que la tension monte, notre bon vieux Sam tape là où on ne s’y attend pas: il nous fait crier de peur, mais aussi et surtout de rire. Et c’est là que la magie opère: tout au long du film, on flippe autant qu’on se marre, et je n’utilise pas ces termes au hasard: l’humour de Raimi est noir, jouissif, immonde, juste sublime. Paradoxalement incroyablement rafraichissant quand on sursaute toutes les 4 minutes. Même si le mélange horreur-humour est assez souvent tenté au cinéma, il faut reconnaître à Raimi un talent inégalable dans la qualité du mélange.
En plus d’être incroyablement drôle (on s’est beaucoup plus marrés devant Drag me to hell que devant Les Beaux Gosses, comédie de Riad Sattouf actuellement sur nos écrans), le film prend des directions pas toujours attendues par le spectateur, ce qui n’est pas pour déplaire aux amateurs rodés du genre, qui se feront bien avoir deux ou trois fois.
Sans pour autant révolutionner le genre, Raimi apporte une fraicheur qui fait terriblement défaut à l’horreur actuelle (citons au hasard les suites de Saw) si bien qu’il prouve que 27 ans plus tard, oncle Sam est toujours là, plus vivant que jamais. Et nous fait dire que merde, vivement Evil Dead 4!


