Archive for July, 2009

Bacalhau, futebol e haschich 4

Après un fort et frais moment passé dans les toilettes de Zurich, nous arrivons à Lisbonne vers 12 et attendons un bon moment pour l’aérobus qui nous conduira directement dans le quartier où nous résiderons 10 jours: Campo Pequeno.
Très jolie arène dédiée à la corrida en surface, au sous-sol un centre commercial où nous pensons trouver de quoi manger un dimanche alors que tout a l’air désert (le check-in de l’hôtel situé juste derrière le monument ne se faisant qu’à 14h). Première chose que l’on voit en arrivant: Burger King. Hé, héhé, héhéhé. Bon il faut bien se faire plaisir, d’autant plus que depuis Zurich je n’ai plus rien dans l’estomac.
On dépose la valise dans la chambre (au sixième étage de l’hotel Alif, 3 étoiles qui ne doivent pas être les mêmes que chez nous: les fenêtres ferment mal (et donnent sur une avenue= youpi) et les lits ne sont pas vraiment très confortables…) et on prend le métro lisboète pour la première fois: direction Marques de Pombal. Découverte du parc Eduardo VII qui offre, en remontant tout le parc, une jolie vue jusqu’au Tage. On décide de tout descendre pour avoir un petit aperçu de la ville le premier jour.
On découvre une ville magnifique, au charme désuet des façades en céramique qui tranche avec la modernité des grosses enseignes (H&M, Zara, Berschka). Nous reprenons le métro pour rentrer à Campo Pequeno où nous mangeons notre premier vrai repas portugais: chez Rubro, apparemment une chaine branchée de resto qui propose de la bouffe locale modernisée. Nous commandons tous les deux des brochettes de calamars, avec en entrée une assiette de charcuteries portugaises. Yummy.

Voilà pour le premier jour. Par la suite, on découvrira l’un après l’autre les différents quartiers de la ville: Baixa, pas très intéressant d’autant plus que l’intérêt principal, la Praça do comércio est en travaux (et pas qu’un peu). Notre préférence revient au Chiado, quartier artisto-branché dans l’ouest des hauteurs lisboètes. De très jolis tags envahissent tous les murs et nous offre plein de jolies photos. Puis le Bairro Alto, Mouraria, Graça, bairro do castelo Sao Jorge, Alfama, Belem, Estoril, Cascais, Oriente, Madragoa, Rato, Cacilhas… Bref, tout ce qu’il a à voir à Lisbonne et ses environs.
L’impression qu’il en ressort est que c’est une très jolie ville, vraiment, je n’avais pas imaginé être conquise à ce point.
Et puis, gastronomiquement, c’était pas mal non plus: calamars, dorade, espadon, poulpe, morue, sardines… Et surtout les “caracois” (petits escargots très bons, à ma grande surprise).

Par contre, les portugais réservent un accueil assez étonnant. En particulier les commerçants et restaurateurs qui ne sont pas du tout chaleureux (”_ Excusez moi, pourrait-on avoir l’addition s’il vous plait? _ Ouais ouais deux minutes!”… ah bon ben oui…), qui parlent bien souvent en portugais (alors qu’avec ma peau de vampire ça se voit à 4km que je ne suis pas lisboète) qui voient qu’on ne pige rien mais qui continuent quand même dans leur langue, et qui en général doivent avoir une bien faible considération pour le touriste. Les rares bons contacts que nous avons eu étaient avec les “locaux”.
En dehors de ça, la pauvreté est extrêmement choquante. Nous n’avons pas compté le nombre de gens qui dormaient dans un parc, ni même ceux qui faisaient leur lit en plein milieu de la rue, ni ceux qui mandiaient dans le métro… (bien souvent des handicappés d’ailleurs). Assez dérangeant, d’autant plus que pour les deux premières catégories, on ne savait pas bien comment se positionner. Dernier point négatif, et pas des moindres: les dealers à tous les coins de rue, qui essayent 14 fois de te refiler du shit, de la coke ou de l’acide dès le coucher du soleil. Si Lisbonne n’est pas une ville qui craint (mis à part 2-3 endroits desquels on est vite partis), ce détail au début amusant devient vite agaçant. Autre petit détail amusant, les africains qui veulent à tout prix te vendre des bijoux, comme ce charmant Chapali Chapala Chapalonga qui fêtait son anniversaire et qui nous a donné des bracelets contre de l’argent. Ouiouioui.

Passons aussi l’épisode du retour qui n’a été qu’une suite lamentable de plantages. Le plus gros étant principalement notre correspondance à Milan qui n’existait plus depuis 1 mois. Le temps de trouver la bonne personne pour en être averti (personne (PERSONNE) dans l’aéroport + pas de points d’info + un employé qui nous envoie chier + un autre qui ne parle pas anglais et qui attend 10 minutes pour nous le dire + courrir dans l’aéroport= à peu près 25 minutes), nous apprenons en même temps que nous avions été replacés sur un vol SN Brussels Airlines et qu’on avait 5 minutes pour aller jusqu’au quai d’embarquement. J’ai enfin compris pourquoi dans les films les héros courrent toujours dans les aéroports… Sauf que ça n’a pas suffit. Et qu’après on a bien sûr du se démerder nous même pour tout le reste, à savoir trouver la bonne personne pour nous retrouver un vol, et surtout pour retrouver notre valise. (Pour se faire nous avons d’ailleurs du passer par des carabinieri qui sont probablement les plus gros connards qu’il m’ait été donné de croiser dans ma vie… Et je pèse mes mots.)
Bref, une bonne grosse poilade qui aura duré près de 3h. Une chose est sûre, c’est que je ne suis pas prête de partir en vacances en Ritalie.

Mais bon tout ceci étant, ça reste quand même des supers vacances.
En résumé on retiendra surtout: le Chiado, sublime. Les températures supportables grâce à l’air de l’océan. Le poisson à profusion. Les vieux trams. Les miradouros. Le Pont du 25 avril (le Golden Gate like). Le Hard Rock Café (Owi j’aime boire une Raspberry lemonade en écoutant de la bonne musique et en compagnie de reliques de Santana, Bowie, Sid Vicious, George Harrison & co). La ginja, les caracois, la bacalhau, le Sumol (ou pas). La télé portugaise (surtout “Miami Ink”, une sorte de télé-réalité sur le quotidien d’un salon de tatouage, avec de VRAIS tatoueurs qui font un boulot de fou) et surtout: les loutres!

Pour voir plus de photos (44/550), cliquez ici.

Home. Sweet sweet home. 0

Enfin.
Enfin, enfin, enfin.

Article à venir sur les 10 jours passés à Lisbonne. Sur la gastronomie locale, le soleil, l’ambiance de la magnifique ville, l’accueil des portugais et aussi du retour qui n’a été qu’une série de plantages (merciiii les ritals).
En attendant de trier les photos pour illustrer, dormir.

L’effet papillon 9

Cette nuit, alors que je cherchais à m’endormir, j’ai essayé de comprendre comment j’en suis arrivée à vivre avec Aliocha à Bruxelles. En remontant tous les évènements, ça donne:

1988, naissance à Nancy. Je vais bien, sauf mon bras gauche.

Mes parents, mon frère et moi même déménageons à Aix-les-Bains très peu de temps après ma naissance pour revenir à Nancy quelques 8 ans plus tard. Intégration assez difficile auprès des autres élèves. Toujours eu beaucoup de mal à me faire des amis.
Déménager à Ludres. Encore plus de mal à me faire des amis. Grâce à mon bras gauche et à un prof de sport vraiment très con en 6ème, je me fais dispenser à l’année du cours d’éducation physique. Je trouve refuge dans le dessin pour m’exprimer. 2000, mes parents prennent une connexion internet: je comprends que je préfère nettement l’écrit à l’oral. Pas mal de connaissances via IRC, y compris Loïc, qui habite alors à Chalon sur Saone, avec qui je commence une “relation”.
Je dois choisir un lycée: je veux partir loin des personnes rencontrées à Ludres.

2003, j’intègre la classe d’arts plastiques au lycée Henri Poincaré, en centre ville de Nancy. Dès le premier jour, je fais la connaissance de Léa, qu’étrangement j’adopte immédiatement et avec qui je vais partager et apprendre énormément.
Sur le banc au premier cours de sport, l’autre dispensée à l’année viens sympathiser avec moi. Caroline. Nous discutons, elle aussi entretient une relation à distance, avec un type rencontré sur Internet. Elle deviendra très vite une amie chère. Plus tard, elle me propose de rejoindre Parano.be, site communautaire à vocation artistique. Je me prends très vite au jeu. Intègre rapidement le secteur “6né”, rebaptisé CIN. Je ne participe à aucun évènement de la vie paranoïaque mais suis pourtant très présente sur le site. Je lis les fiches de beaucoup de citoyens, n’ose pas forcément leur parler. En tête de la liste: Aliocha. People paranoïaque qui parle à tout le monde avec une apparente aisance, fait tomber les filles, est cultivé, beau, intelligent, bref, que des bonnes raisons pour ne pas lui adresser mot.

Les allers-retours Nancy-Chalon sur Saone sont de plus en plus décevants. Au bout de 3 ans, je comprends que nous n’avons rien en commun. Déception, colère, soulagement. Je me fais piercer le labret et colore mes cheveux en rose (et accessoirement passe pour une lesbienne pendant quelques mois). Juin 2006 sous terre: nouvelle déception, mort du dernier membre de ma famille (hors parents-frère) auquel j’attache une importance et mort de mon petit Jimmy pendant la semaine de révision du baccalauréat, série littéraire option arts plastiques, pourtant obtenu avec mention. Remise en question de mes capacités artistiques. Je m’inscris en IUT communication, est placée sur liste d’attente, pète les plombs, annule tout et m’inscris en fac.

Septembre 2006. Mon frère et moi passons quelques jours à Paris. Il se remet d’une rupture, je me remets d’un été de merde.
Nous prenons un bus à touristes pour voir les différents monuments de la ville sans nous fouler. Nous descendons les Champs-Elysées. Soudain, je me dis à moi-même “Tiens, j’aimerais bien être avec Aliocha”. Allez savoir pourquoi.
En rentrant, je lui envoie un message. Avec des mots, presque une vraie phrase. Une première. Il répond. La suite va très vite: nous nous voyons à Nancy, Paris, Bruxelles, Luxembourg, peu importe. La fac ne me plait pas, mon premier cours de traduction est l’heure la plus longue de ma vie. En sortant, je lui annonce que c’est moi qui vais venir à Bruxelles, et non l’inverse.

Je suppose que nos maigres expériences nous ont poussés à brûler quelques étapes et à nous installer ensemble au bout de 5 mois. C’est vrai que ça aurait pu être un beau plantage. Mais en fait, je crois simplement qu’on se correspond bien.
Tout ça, c’était pas un hasard.

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